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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 17:37
Mur végétal – De la nature à la ville

Botaniste renommé, Patrick Blanc est l’inventeur du jardin vertical. En France, on lui doit les murs végétaux du musée du Quai Branly à Paris ou plus récemment celui du pont-route Juvénal à Aix-en-Provence. Son prochain chantier, un gigantesque patio près des Arènes de Nîmes.






Patrick Blanc a créé plus de cent cinquante réalisations à travers le monde, de New York à New Delhi en passant par Osaka. Y a-t-il des lieux qui inspirent Patrick Blanc  davantage que d’autres ?

Patrick Blanc :
Même si je fais attention à la visibilité de mes réalisations, ce sont les plantes qui m’intéressent. Je cherche surtout à les installer là où on ne les attend pas, là où l’irruption du monde vivant va surprendre le plus. J’aime montrer que le béton ne s’oppose pas à la biodiversité. C’est pour cela que j’ai une préférence pour les endroits improbables, le plus urbain possible. Ainsi, j’adore habiller les parkings ou les ponts, comme je l’ai fait récemment en Avignon ou à Aix-en Provence.

Question : Comment est née cette invention du mur végétal ? Par quelle inspiration ?

P. B. : 
Paradoxalement, je n’ai jamais aimé la campagne, ni les jardins, à l’exception des jardins botaniques. Je n’ai toujours aimé que les villes, mais à l’âge de neuf ans, en voyant un aquarium dans la salle d’attente d’un médecin, j’ai eu l’idée de fabriquer le mien et de faire pousser des plantes au-dessus du bocal, avec leurs racines trempant dans l’eau. Je voulais la purifier, c’était une démarche d’apprenti écolo et puis, cela me permettait de surveiller les plantes. En les mettant à la verticale, on voit bien leurs racines.

Question  : Comment est conçu un mur végétal ?

P. B. :
J’aime à dire que j’accroche des serpillières sur des sacs en plastique. Techniquement, c’est très simple. C’est le même principe qu’une paroi rocheuse en forêt, recouverte de végétation. Il s’agit d’un mur en PVC sur lequel est agrafé un feutre synthétique qui imite les mousses se développant sur les rochers à l’état naturel. Les plantes poussent dessus. A travers le feutre, le cortège de bactéries se développent et de nouvelles vies se développent. Le mur ne se détruit pas et ne demande pratiquement pas d’entretien. Celui que j’ai fabriqué chez moi il y a plus de vingt ans n’a pas bougé.

Question  :
Votre invention s’inscrit-elle dans une démarche artistique ou botanique ?

P. B. : D’abord botanique même si l’esthétisme intervient dans la deuxième phase. En un mot, le choix des plantes est essentiel. Suivant les lieux, on dispose de plus ou moins d’espèces capables de s’adapter au milieu. Mais je pars toujours du principe qu’il n’y a aucun endroit au monde où il est impossible d’installer un mur végétal. Même en plein désert ou au Pôle Nord. J’ai d’ailleurs un projet au Qatar. Disons que plus le climat est extrême, plus le choix de plantes se restreint.

Question :
Détail original, vous avez teint vos cheveux en vert. Est-ce pour vous fondre dans le milieu ?

P. B. :
Pas du tout. Je les ai teints, il y a vingt ans à la suite d’un pari avec un copain. C’était bien avant qu’on parle de mes murs. Quand je me suis aperçu que les gens croyaient que ça avait un rapport avec mon métier de botaniste, je les ai gardés vert. Depuis, c’est devenu un peu ma marque de ma fabrique.

Ouvrage de référence :

« Mur végétal – De la nature à la ville » (Editions Michel Lafon)Le mur végétal du BHV Homme, rue de la Verrerie, à Paris.

Mur végétal de BHV réalisé pr Patrick BLANC  :

"Sur un mur porteur ou une structure porteuse est placée une ossature métallique qui soutient une plaque de PVC expansé de 10 mm d'épaisseur, sur laquelle sont agrafées deux couches de feutre de polyamide de 3 mm d'épaisseur chacune.

Ces couches de feutre miment en quelque sorte les mousses qui se développent sur les parois rocheuses et qui servent de support aux racines de nombreuses plantes. Un réseau de tuyaux commandés par des électrovannes apporte une solution nutritive contenant les éléments minéraux dissous nécessaires à la croissance des plantes.


Le feutre s'imprègne par capillarité de cette solution nutritive, laquelle descend le long du mur par gravité. Les racines des plantes y prélèvent les éléments nutritifs dont elles ont besoin, et l'eau en excès est recueillie en bas du mur par une gouttière, avant d'être réinjectée dans le réseau de tuyaux: le système fonctionne en circuit fermé. Les plantes sont choisies pour leur capacité à croître sur ce type de milieu et en fonction de la lumière disponible"

Vous pourrez admirer ce mur végétal au 6, rue de la Verrerie, à Paris, dans le IVe arrondissement. Métro Rambuteau.


 

Par TOUATI IMMO PROPERTY MANAGEMENT - Publié dans : Pour le Développement durable - Communauté : Immobilier
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